Il y a quelques temps j’évoquais sur ce blog un nouveau mode de distribution. L’idée avait  été dénichée en Inde, précisément à Bombay, une agglomération de 18 millions d'habitants sur 40 km du nord au sud ! Il existe là-bas des Dabbawalla : des hommes qui vers 10 h le matin font un ramassage de boites-repas non pas chez des chaînes de livraison mais chez des particuliers. Quels particuliers ? Les parents, amis qui préparent un déjeuner pour l'un de leurs proches. Les Dabbawalla font leur tournée et ramassent en moins d'une heure 40 boites-repas, qu'ils se repassent de mains en mains jusqu'au destinataire en moins de 2h. Destinataire, qui de son côté, attend son repas dans son entreprise.
Il existe 5 000 Dabbawalla à Bombay qui livre 200 000 déjeuners chaque jour dans les entreprises. Le plus fort c'est que ce système de livraison entre particuliers a été inventé il y a plus de 100 ans par un analphabète !

A l’époque je me posais ces questions : Est-ce réalisable en France ? Qu’en penseraient les restaurateurs et les sociétés de livraison ? Et le consommateur serait-il prêt à cette forme de restauration ?

Ce n’est pas encore arrivé en France mais cela se rapproche !

 Des mères au foyer ou retraitées mitonnent de bons petits plats pour des jeunes qui n'ont ni le temps ni l'envie de se faire à manger.  Le concept est espagnol et il a été créé par 4 trentenaires  las de dépenser de l'argent pour des sandwiches bas de gamme, avalés sur le pouce le midi. Ils demandent alors à la mère de deux d'entre eux de leur préparer des Tupperware de paella ou de lentilles, en échange d'un salaire mensuel.

L'arrangement fonctionne à merveille et, quelques repas plus tard, les quatre amis décident de populariser le concept. Ils créent un site Internet qui met en contact des femmes au foyer avec des jeunes désireux de bien manger. Au menu : poisson, viande, fruits et légumes. Des produits frais, achetés au marché bien sûr.

 

La « telemadre » envoie deux colis de nourriture par semaine et prend régulièrement des nouvelles du frigo de son « telehijo » par téléphone.

La « maman poule » cherche aussi à connaître les goûts de son « fils adoptif ». S'il a de la chance, elle lui enverra même des desserts faits maison, non prévus dans le contrat.

Selon les fondateurs, le site est « un modèle social d'altruisme ». Surtout pas un service de traiteur, encore moins une agence de rencontres.

L'addition ? Environ 130 euros par mois. Mais le prix est variable. « Je payais un petit salaire mensuel à ma première “telemadre” et je lui remboursais les ingrédients. J'ai une amie qui, elle, paie 3 euros par plat. Vraiment pas cher et tellement bon ! », raconte Eva Salmeron.

Depuis son lancement en 2002 à Madrid, le concept a trouvé son public. Tout le monde peut devenir « telemadre », « ça peut être ta mère, ta sœur ou une copine », relève Eva Salmeron.

Et avec la crise économique, dont les femmes sont les principales victimes, Telemadre.com vient mettre un peu de beurre dans les épinards.

On compte plus de 2 000 « telemadres » en Espagne, mais « il n'y a pas de chiffre exact car ce n'est pas une entreprise », rappelle Eva Salmeron. Le modèle a déjà fait de nombreux émules en Amérique Latine et aux Etats-Unis.

Depuis peu, on peut même faire appel à des papas cuisiniers : un Telepadre.com, au Pays basque, commence à faire parler de lui.

Si l’idée est très intéressante d’un point de vue  solidarité  et création de liens de proximité, il n’en demeure pas moins qu’elle constitue une menace pour les restaurateurs. Ne serait-il pas temps que le restaurateur avec service à table se mette lui aussi à faire de la vente à emporter et de la livraison ? D’autant plus que la restauration rapide se met à faire du service à table !